Localis(at)eur de sites Web

Techniquement, la localisation d’un site Web se définit comme l'ensemble des opérations permettant de créer une version du site qui fonctionne effectivement et qui peut être exploitée sans la moindre gêne ou contrainte, par les utilisateurs ciblés, dans un contexte culturel et linguistique spécifique différent de celui pour lequel le site a été initialement créé.

Schéma général de la localisation de sites Web

La localisation d'un site Web (par clonage ou pseudo-clonage) comporte généralement une série de phases principales mobilisant un ou plusieurs opérateurs. Ainsi se succèdent, dans un ordre cohérent :

  1. Constitution et mise en place de l’environnement de localisation (constitution du kit de localisation, choix de la plate-forme, du matériel, du logiciel, des opérateurs, et des ressources diverses) ;
  2. Récupération des fichiers, aspiration du site (au besoin), mise en place dans l’environnement de localisation ;
  3. Analyse des fonctionnalités et du fonctionnement du site, de sa structure (composants, architecture) ;
  4. Tests complets du site original (en ligne et hors ligne) afin de :
    • repérer les éventuels dysfonctionnements ou erreurs (images manquantes, ruptures de chartes graphiques, liens brisés, liens manquants, dénominations hétérogènes de fichiers et dossiers, mauvais adressages de la feuille de style),
    • corriger les carences et dysfonctionnements,
    • réorganiser les dossiers et les fichiers s’il y a lieu ;
  5. Spécification du projet de localisation (par le donneur d’ouvrage ou son webmestre, ou par le « traducteur-localis(at)eur ») ;
  6. Repérage des adaptations nécessaires ;
  7. Spécification de la prestation requise ;
  8. Planification brute ;
  9. Choix de l’architecture pour la localisation (en tenant compte prioritairement des besoins du client et des exigences des futures mises à jour) ;
  10. Préparation des divers constituants pour traduction (traitement des balises, conversions, mise en place du matériau à traiter dans l'environnement matériel et logiciel de localisation, etc.) ;
  11. Création de dossiers « internationaux » :
    • dossier regroupant les images internationales ne nécessitant pas de localisation,
    • dossier regroupant les éléments internationaux (applicables à toutes les langues et ne nécessitant donc pas de localisation) autres que des images ;
  12. Création de répertoires « images » (répertoires réunissant les images) ;
  13. Rétablissement/mise à jour des adressages ;
  14. Duplication du site pour clonage : mise en place des dossiers et fichiers pour chaque « nouvelle » langue par duplication et déplacement des fichiers sources portant leurs nouveaux identificateurs ;
  15. Création des liens destinés à permettre la navigation entre les versions linguistiques du site (en cas de création d’un site bilingue ou multilingue « cloné ») ;
  16. Autant que besoin, regroupement des divers constituants de même type pour former des ensembles de matériaux homogènes avec, par exemple, séparation de :
    • texte ou code,
    • script,
    • cadres, barres,
    • éléments « popup », qui n'apparaissent que dans la source des pages (souvent : infobulles et légendes),
    • titres, son, images, images survolées,
    • interfaces utilisateurs,
    • autres (exécutables, bases de données, etc.) ;
  17. Préparation des divers constituants pour traduction : traitement des balises, conversions, mise en place du matériau à traiter dans l'environnement matériel et logiciel de localisation, etc. ;
  18. Mobilisation de la matière première terminologique et phraséologique, étude du sujet s’il y a lieu ;
  19. Traduction-localisation des contenus :
    • traduction-localisation des éléments textuels : texte figurant dans les pages, les infobulles, les titres, les éléments d’interface, les tables de base de données, etc.,
    • traduction-localisation des éléments de logiciels : fichiers téléchargeables, procédures d’accès, programmes exécutables (voir localisation de logiciels, ci-dessus),
    • traduction-localisation des composantes audiovisuelles : scripts, vidéos, films (voir traduction audiovisuelle),
    • adaptation et retraitement de composantes non textuelles (images fixes, images animées) ;
    • relecture (au moyen d’un navigateur) aux fins de contrôles de qualité ;
    • tests fonctionnels de tous les éléments localisés ;
  20. En cas de reconstruction du site, intégration des contenus « localisés » dans la nouvelle structure :
    • mise en place des fichiers de code ou de texte,
    • réintégration des titres,
    • modification/mise à jour des liens dans les fichiers traduits,
    • vérification des fichiers sources des images dans les fichiers traduits,
    • réintégration des légendes,
    • réintégration des bulles,
    • au besoin : création de nouveaux liens,
    • au besoin : reprise des couleurs et de l’ergonomie ;
  21. Création des éléments requis par le changement de zone géographique, linguistique et culturelle et non présents dans le site d’origine à localiser – puis tests fonctionnels de ces éléments créés ou ajoutés ;
  22. Intégration complète, à la nouvelle architecture, des composantes localisées et des éléments additionnels non présents dans le site d’origine ;
  23. Tests du site hors-ligne :
    • fonctionnalités, liens, images survolées,
    • infobulles,
    • raccourcis, mnémoniques,
    • homogénéité des titres et des contenus du sommaire,
    • dimensionnements des zones d’intégration de texte traduit (vérifier que les affichages ne débordent pas) ;
  24. Corrections, modifications, aménagements et validation ;
  25. Création d’une version « prête pour le Web » ;
  26. Test de qualification culturelle et adaptations ;
  27. Tests techniques et linguistiques de fonctionnalité en ligne, et validation ;
  28. S'il y a lieu, référencement du site auprès des principaux moteurs de recherche. Cette opération consiste à prévoir les mots-clés à partir desquels les contenus seront « récupérés » par les moteurs de recherche et à indexer le site en conséquence.

Tâches effectuées par le traducteur-localis(at)eur de sites Web

Le « traducteur » localisant des sites Web peut, selon ses compétences, simplement traduire les contenus ou cloner le site.

Traduire les contenus

Dans de très nombreux cas, le traducteur traduit les pages Web (les fichiers en ligne). Il applique alors l’ensemble des procédures générales d’exécution de prestations de traduction et tout se passe comme s’il traduisait du texte « banal ». Une fois ses textes traduits et vérifiés (après relecture ou révision), il les renvoie au donneur d’ordre ou au donneur d’ouvrage, qui les réintègre ou les fait réintégrer dans l’architecture du site. Le traducteur qui propose la « simple » traduction/adaptation des contenus de site est tout juste un traducteur spécialisé.

Cloner ou pseudo-cloner le site

Alternativement, s’il en a les compétences, le traducteur-localis(at)eur peut créer le site (ou la partie de site) intégrant la version localisée. Dans cette hypothèse, il traduit les contenus, puis les réintègre au site. Il « démonte », traduit-localise, puis « remonte » le site. Il prend en charge l’intégralité des opérations de la séquence de localisation décrite ci-dessus, à l’exception, peut-être, des modifications et de la recompilation d’éventuels logiciels à exécuter ou à télécharger sur le site et, le cas échéant, de la partie intégration liée à de la traduction audiovisuelle (avec enregistrement de sous-titres ou d’une bande son localisée). La localisation intégrale de sites Web offre aux traducteurs une excellente solution de diversification et d’enrichissement de leurs tâches, et une source de fortes plus-values. Lorsqu’ils interviennent sur le médium et donc sur le code, ces traducteurs deviennent des localis(at)eurs de plein exercice.

Compétences particulières du traducteur-localis(at)eur de sites Web

S’il se contente de traduire les contenus du site, l’opérateur concerné est, comme nous l’avons dit ci-dessus, un traducteur avec des compétences « standard » de traducteur ou, plus probablement, des compétences en rapport avec les contenus spécialisés à traduire.

S’il étend sa prestation, le traducteur devenant un véritable localis(at)eur de sites Web doit avoir, au-delà des compétences de traducteur, les qualités et compétences voulues pour assurer les fonctions de webmestre. Il doit notamment :

Marchés et accès aux marchés

Les marchés de la localisation de sites Web présentent la plus forte progression de tous les marchés de la traduction au cours des cinq dernières années. Sur ces marchés en particulier, la différenciation entre « traduction des contenus » et interventions sur le code (recréation du site) est fondamentale.

Le traducteur de contenus des pages Web est mobilisé comme il le serait pour n’importe quelle traduction et dans les mêmes conditions financières, soit à titre personnel, soit comme sous-traitant d’une agence, soit comme salarié d’une entreprise de traduction.

Le localis(at)eur qui effectue l’ensemble des opérations aboutissant à la mise en ligne du site localisé (ou des versions localisées du site) intervient sur un profil différent et avec des attributions différentes. Les compétences exigibles sont plus élaborées et plus techniques, leur existence même conditionnant l’accès à ce volet du marché, et les rémunérations sont bien plus élevées. La facturation se fait toujours de manière forfaitaire pour la partie traduction, mais la reconstitution et la mise en ligne sont facturées au tarif de l’ingénierie. Les plus-values sont alors très importantes.

Le marché de la localisation de sites Web (incluant la localisation linguistique) est tenu, pour une part significative, par les agences Web, qui proposent du site multilocalisé clés en main (et se chargent au besoin de trouver les sous-traitants « linguistes »).

Notons enfin que l’un des profils d’emploi de traducteurs-localis(at)eurs multi-compétents peut se définir comme « webmestre à l’international », avec des fonctions qui couvrent la traduction, la recherche ou la rédaction de contenus à mettre en ligne, la mise en forme et la mise en ligne de ces contenus, et la mise à jour permanente du site. Il s’agit encore, bien entendu, d’un profil à très fortes plus-values.

Rémunérations

Elles sont identiques à celles des traducteurs techniques pour la partie « traduction des contenus ». Elles se rapprochent de celles des webmestres et des développeurs pour la partie « reconstruction-réintégration-mise en ligne ».

Accès et formations

Ici encore, il faut différencier le « localis(at)eur linguistique » encore dénommé « traducteur en localisation de sites Web » (qui n’est autre, en fait, qu’un traducteur technique spécialisé dans le ou les domaines auxquels se rapportent les contenus du site) et le traducteur-webmestre, qui clonera le site.

Si les compétences du traducteur spécialisé dans les domaines d’application voulus suffisent au premier, le second doit acquérir des compétences additionnelles, spécifiques, par le biais d’une formation axée sur la webmestrie (formation de webmestre ou formation spécifique de traducteur-localis(at)eur de sites Web).

Quelques (rares) formations de traducteurs proposent des cursus spécialisés prenant en compte l’ensemble de ces divers aspects. Elles comportent une très forte dose d’informatique et d’infographie.

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