DEONTOLOGIE DU TRADUCTEUR
EXTRAIT
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Introduction
Tout
traducteur digne de ce nom respecte spontanément un code de déontologie
lui imposant, pour l’essentiel, les obligations ci-après :
1. Dans l’absolu
S’interdire tout acte et toute pratique de nature à discréditer
la traduction et/ou les traducteurs.
Respecter toute personne et toute opinion, notamment lors d’interventions sur
les forums et listes de diffusion (respecter les règles élémentaires
de courtoisie).
Remplir les obligations d’immatriculation ainsi que toutes les obligations
nées des réglementations sociales et fiscales en vigueur.
Réunir et mettre en oeuvre, en toute circonstance, la totalité des
moyens nécessaires à l’exécution des tâches
convenues ou contractuelles.
Refuser toute forme de tromperie délibérée.
Résister à toute influence visant à limiter ou interdire son
indépendance intellectuelle ou à obtenir une traduction de complaisance.
Assumer la pleine et entière responsabilité de toute défaillance,
erreur ou carence de sa part à l’exception des défaillances,
erreurs ou carences dues à des erreurs, carences ou omissions
dans le matériau à traduire ou à un manquement
du donneur d'ouvrage à ses obligations contractuelles ou aux
règles coutumières applicables.
Ne jamais intervenir dans un domaine où il n’a pas compétence
et où il ne peut pas acquérir une compétence
suffisante dans des délais compatibles avec les échéances
des travaux demandés.
Ne jamais promettre ce qu'il sait ne pas pouvoir tenir.
Respecter tous les engagements pris.
Protéger la confidentialité du matériau à traduire et
de la traduction.
Respecter strictement et rigoureusement le secret de tout ce qu'il peut être
amené à apprendre dans le cadre de ses activités
professionnelles [campagnes commerciales, clientèles, tarifications,
fonctionnement interne de l’entreprise, prototypes, projets et contrats
de recherche, fiscalité, etc.]. S’en interdire toute divulgation
directe ou indirecte.
Ne pas diffuser ou permettre de diffuser, sans l’accord écrit
préalable des ayants-droit, du matériau à traduire
ou traduit.
Ne recourir à nul procédé (publicité mensongère,
sous-traitance non agréée, usurpation de titre) susceptible
de tromper le public ou les donneurs d’ouvrage sur sa qualification.
Ne jamais utiliser des informations dont il a eu connaissance dans le
cadre de son activité de traducteur pour en tirer un quelconque
profit personnel.
2. VIS-À-VIS du donneur d’ouvrage
N’accepter ni ne pratiquer aucune forme de discrimination à l’égard
de quelque donneur d’ouvrage que ce soit pour des raisons de statut
social, convictions, nationalité, origine ou autres.
Faire preuve en toute circonstance de la plus stricte impartialité
en faisant abstraction de ses propres convictions. Au besoin, se récuser
en faisant jouer une clause de conscience.
Accepter sans réserve les obligations nées du contrat de traduction
en matière de fidélité aux intérêts
du donneur d’ouvrage, quitte à invoquer la clause de conscience
et à se récuser si cette obligation est contraire à
sa sensibilité ou à ses principes religieux, éthiques,
moraux - ou autres. Toute personne peut refuser un travail sans
être tenue de justifier son refus.
Protéger en tout point et en toute circonstance, dans le respect des lois et
de la morale, les intérêts du donneur d’ouvrage en le
garantissant notamment contre tout effet négatif ou néfaste
de la traduction.
Respecter les directives du donneur d’ouvrage ou, au moins, lui faire part des
points de divergence et demander un arbitrage.
Aviser sans délai le donneur d’ouvrage dès lors que se confirme
le risque que quelque engagement que ce soit ne peut être tenu.
Aviser le donneur d’ouvrage de toute forme de sous-traitance de tout élément
de la prestation demandée.
3. Dans le cadre des activités de traduction
Refuser toute traduction de complaisance.
Ne jamais prendre une décision de traduction qui pourrait avoir
des conséquences néfastes pour le donneur d’ouvrage
sans en référer audit donneur d’ouvrage.
Ne jamais prendre le risque d’une interprétation du document ou
d’un écart par rapport aux contenus et/ou à l’organisation
de ces contenus sans en référer au donneur d’ouvrage.
Ne jamais traduire ce qui n’a pas été parfaitement compris.
Ne jamais tenter de faire passer pour avéré, confirmé
ou certain, ce qui ne serait qu’hypothèse ou conjecture.
Aviser le réviseur ou le donneur d’ouvrage de toute difficulté
non résolue et de tout problème non traité.
Ne jamais sacrifier sciemment la qualité (par rapport aux objectifs
convenus) sans en référer au donneur d’ouvrage en expliquant
les motifs qui font que les objectifs ne peuvent pas être atteints.
En cas d'incapacité effective à exécuter pleinement
la prestation, demander au donneur d’ouvrage la résiliation
de fait du contrat et lui remettre tous les éléments
mis en place dans la perspective de la prestation avortée ou
prématurément interrompue.
Ne jamais faire appel à un sous-traitant sans en aviser le donneur
d’ouvrage, à moins que le recours à la sous-traitance
n'ait été évoqué et convenu au stade de
la négociation du contrat.
Restituer tous les documents et matériaux confiés par le donneur
d’ouvrage.
Ne jamais accepter de compromis sur la qualité sémantique-technique-factuelle
de la traduction.
Respecter systématiquement, à défaut de toute autre spécification,
les critères de la qualité livrable, tels que définis
en accord avec le donneur d’ouvrage.
Sauf spécifications contraires, respecter les règles de l’art :
convergence typologique, convergence sémantique et discursive,
structure parfaitement balisée, terminologie normalisée,
terminologie homogène, phraséologie homogène,
texte transparent, écarts culturels comblés, application
systématique des normes existantes.
Toujours faire relire. A défaut, et s'il y a lieu, signaler que
la traduction n'a pas été relue.
4. En matière de rémunération
Respecter en toute circonstance le principe d’une juste et honnête rémunération.
Ne jamais accepter une rémunération visiblement sous-estimée.
Ne jamais sous-estimer sciemment le coût d’une prestation en prévoyant
un " rattrapage " par la réduction des
objectifs de qualité.
Ne jamais tricher sur les mesures de quantités (volumes) de traductions.
5. Vis-à-vis des collègues/confrères
Faire preuve d’une solidarité totale avec les collègues et
confrères sous réserve qu’ils respectent les conditions
morales, sociales et fiscales de l’exercice de la profession.
Ne jamais accorder la moindre aide directe ou indirecte à quiconque
exerce illégalement la profession de traducteur.
Ne jamais se livrer à des actes de concurrence déloyale
à l’encontre d’un collègue ou d’un confrère.
Notamment : ne jamais sous-enchérir sciemment sur le devis
d’un confrère.
Ne pas accepter une tarification réduite du fait que le donneur
d’ouvrage apporte des matériaux [répertoires, mémoires
de traductions] compilés par un autre traducteur. Aviser systématiquement
le traducteur concerné de la démarche du donneur d'ouvrage.
Sauf dans le cadre d’expertises de prestations, ne jamais émettre
de jugement public sur un collègue ou confrère.
En cas d’expertise de prestations de collègues ou confrères,
demander l'application de procédures honnêtes et contradictoires
- le collègue ou confrère étant dûment
avisé de l'expertise, informé des résultats,
et invité à présenter sa défense.
S’obliger à faire respecter par tout sous-traitant que l’on a soi-même
commis toutes les règles de l’art et de la déontologie
ainsi que toutes les conditions stipulées par le donneur d'ouvrage.
6. Vis-à-vis des partenaires
Prévoir une juste compensation et, s'il y a lieu, au moins une citation pour
toute personne apportant des ressources importantes ou une aide précieuse
alors qu’aucun rapport de sujétion avec le donneur d’ouvrage ou le traducteur ne l’y oblige.
Protéger le droit moral de toute personne ayant contribué à la
traduction.
Remercier toutes les personnes contribuant à l’exécution de la prestation.
Faire retour de tout prêt (documentation, outils, et autres)