CATEGORIES DE TRADUCTEURS

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Les catégories de traducteurs se forment selon les catégories de matériaux traités (et donc selon les catégories de traductions qu'ils exécutent) mais aussi selon les " métiers " qu'ils exercent. Les critères de définition des diverses catégories tendent à se croiser. Ces critères sont :

  • technicité des matériaux à traduire,
  • les spécialités, définissant de véritables métiers,
  • les marchés et les statuts de traducteurs.
  • 1 Niveaux de technicité des matériaux

    Le niveau de technicité des matériaux traités fonde une distinction traditionnelle entre :

  • les traducteurs généralistes,
  • les traducteurs spécialisés.
  • 1.1 Traducteur généraliste

    Le traducteur généraliste fait de la traduction générale. Il traduit des documents et matériaux généraux, en ce sens qu'ils n'appartiennent pas à un type particulier et qu'ils ne renvoient pas à un niveau de spécialisation ou de technicité réel. Il traduit généralement " dans plein de domaines " pour " une grande diversité de clients " et chacun des contrats qui lui sont confiés est d'un volume plutôt modeste.

    Le matériau qu'il traite va de l'édition - hors littérature - aux documents techniques. S'il lui arrive de faire des incursions dans l'un ou l'autre des secteurs de spécialisation situés aux extrêmes du spectre, il s'en tient généralement à des documents plutôt neutres. Ses éventuelles interventions dans des secteurs de spécialisation sont motivées par la demande de ses donneurs d'ouvrage habituels : sauf cas particulier, un traducteur généraliste ne peut pas se permettre le luxe de renoncer à une traduction requise par l'un de ses donneurs d'ouvrage, même si, a priori, elle requiert un niveau de compétence et de connaissance qu'il n'a pas (ou pas encore) atteint.

    Le traducteur généraliste est, à proprement parler, un traducteur polyvalent. Il doit en effet passer d'un texte de 30 pages sur le sablage des métaux à un contrat de vente de camions recyclés en passant par le guide utilisateur d'une parqueteuse et en s'arrêtant à peine sur un fax de quatre pages présentant un nouveau système de fabrication de soupes à destination des élevages porcins.

    Pendant ses premières années d'exercice, le traducteur généraliste est confronté à des marchés plutôt éclatés, avec des traductions dont le volume moyen varie de 5 à 20 pages et une multiplicité de donneurs d'ouvrage dont les volumes annuels de demande ne dépassent pas, individuellement, les 200 pages. Son territoire (zone de collecte de travaux) est généralement d'ordre local ou, au mieux, régional, et se situe dans des limites géographiques telles que la notoriété et le bouche à oreille jouent à fond. La clientèle du traducteur généraliste augmente par un effet de boule de neige car chaque donneur d'ouvrage satisfait assure, dans les divers cercles sociaux et professionnels qu'il fréquente, la publicité du traducteur.

    De manière quasi-invariable, le traducteur généraliste a vocation à cesser de l'être. Tôt ou tard, il se spécialise, fût-ce modérément. Il le fait :

  • pour suivre l'évolution des besoins d'une partie de sa clientèle,
  • parce qu'il a établi une relation commerciale privilégiée avec un gros donneur d'ouvrage,
  • parce qu'il comprend que le fait d'être spécialisé simplifie la promotion et le marketing, puisque les prospects sont mieux ciblés.
    Très souvent, il sollicite le statut d'expert près les cours d'appel, parce que ce statut est avantageux pour quiconque souhaite faire valoir des compétences auprès de la clientèle et des prospects.
  • parce que, à mesure que sa clientèle se développe, il abandonne les dossiers les moins rentables (forcément les moins spécialisés) pour se consacrer aux dossiers les plus rentables parce que plus volumineux, plus répétitifs, et, inévitablement, plus techniques.
  • Compte tenu des parcours standard de la plupart des traducteurs, on peut invoquer l'existence d'une catégorie intermédiaire de TRADUCTEURS GÉNÉRALISTES à ORIENTATIONS SPÉCIALISÉES ou traducteurs qui continuent à traiter des matériaux de natures diversifiées et variées cependant que certains éléments de spécialisation de domaine de travail se mettent déjà en place et vont progressivement s'affirmer.

    1.2 Traducteur spécialisé

    Est spécialisé tout traducteur traitant exclusivement ou prioritairement un matériau qui :

  • relève d'un genre ou d'un type spécialisé,
  • se rapporte à un champ ou domaine spécialisé 'pointu' (matériaux dont les sujets renvoient aux domaines du droit, de la finance, de l'informatique, des télécommunications...),
  • se présente dans des formats et sur des supports particuliers (supports multimédia, film, vidéo, code informatique),
  • appelle la mise en oeuvre de procédures et/ou d'outils, de protocoles ou de techniques spécifiques (traduction de logiciels, traductions de matériaux multimédia).
  • Les traducteurs spécialisés se distribuent généralement en catégories standard selon la nature des matériaux traités. Les étiquettes qu'ils choisissent sont toujours affaire de marketing [afin que le client prospectif identifie la spécialité] mais aussi de valorisation personnelle et professionnelle.

    Les étiquettes standard sont les suivantes :

  • traducteur littéraire,
  • traducteur d'ouvres philosophiques,
  • traducteur technique,
  • traducteur commercial,
  • traducteur financier,
  • traducteur juridique,
  • traducteur judiciaire,
  • traducteur scientifique,
  • traducteur biomédical et pharmaceutique,
  • localiseur/localisateur de logiciels (traducteur de logiciels et de leur documentation d'accompagnement),
  • traducteur de produits audiovisuels (sous-titreur, surtitreur, traducteur de bande son/dialogues),
  • traducteur de produits multimédia (ou 'traducteur multimédia')
  • et ainsi de suite.

    Les traducteurs spécialisés portent l'étiquette de leur spécialité et, parfois même, de leur métier lorsque celui-ci identifie une spécialité reconnue. Les spécialités ou métiers renvoient à des domaines de travail particuliers, et constituent le critère de sélection dominant. La recherche de traducteurs suppose la mise en concordance d'une spécialité du matériau à traduire et d'une spécialisation du traducteur.

    1.2.1 Traducteur littéraire

    Le traducteur littéraire traduit les ouvres littéraires : romans, nouvelles, récits, contes, etc. Il se spécialise en général dans un auteur donné, une période littéraire, une école, la littérature d'un pays ou d'une région. Il peut être traducteur professionnel ou occasionnel.

    Les traducteurs littéraires présentent la plus extraordinaire diversité de parcours, de rémunérations, et de situations. De manière très schématique - et donc caricaturale - on dira que coexistent sous la même bannière :

  • des auteurs (écrivains, romanciers.),
  • les grands noms de la traduction littéraire, reconnus, prisés, débordés mais incessamment sollicités,
  • les traducteurs littéraires en devenir, en marche vers la stabilité professionnelle, aidés par le fait que les oeuvres littéraires sont de plus en plus des produits de marché et que les traductions sont généralement plutôt bien reçues par la critique,
  • les traducteurs de paralittérature, dont la vocation souffre au contact de la dure réalité de la concurrence,
  • des amateurs de tous ordres.
  • 1.2.2 Traducteur technicien ou technicien-traducteur (traducteur technique)

    Tout traducteur technicien ajoute généralement à l'étiquette de " traducteur technique " la mention de sa ou ses spécialités. La formulation étant de type :

    traducteur technique, spécialiste de [X]

    où [X] représente, selon les cas :

  • l'informatique,
  • les télécommunications,
  • les machines à bois,
  • les systèmes de nettoyage en place dans les industries de transformation des produits agricoles,
  • l'isolation phonique,
  • le carénage de navires,
  • les bobinages électriques,
  • le clonage animal,
  • la spectrométrie,
  • les implants cochléaires,
  • les chaînes d'abattage de volailles,
  • etc.
  • Les domaines de spécialisation du traducteur technique se confondent avec les domaines d'activité de son employeur ou de ses clients. Parfois, il est amené à multiplier les spécialités ou encore à traduire aussi des matériaux non techniques (télécopies, comptes-rendus de réunions, notes de service, etc.) du simple fait qu'il s'agit de documents maison ou de documents du/des clients concernés.

    Les dénominations des catégories de traducteurs demeurent relativement floues. En fait, on tend à parler de traducteur technique par défaut, pour désigner tout traducteur qui n'entre dans aucune des cases portant des étiquettes de spécialités particulières. Le traducteur technique est ce qui reste lorsque l'on a retiré le traducteur littéraire, le traducteur commercial, le traducteur scientifique, le traducteur biomédical, le traducteur juridique, le sous-titreur, le surtitreur, le localiseur, le traducteur expert judiciaire (parce qu'il exerce dans un contexte particulier bien qu'il traduise du juridique et/ou du technique proprement dit), le traducteur audiovisuel et le traducteur de produits multimédia.

    Utiliser la dénomination de traducteur-technicien/technicien-traducteur, c'est affirmer que le traducteur doit marier les compétences du traducteur proprement dit et celles du technicien (ou du " spécialiste " pour employer une terminologie moins brutale). Ceci explique les efforts faits pour donner la compétence technique aux traducteurs et, inversement, pour donner la compétence en traduction aux techniciens afin de mettre un terme au dialogue de sourds exprimé dans les deux avis pour le moins tranchés ci-après :

  • " Seul le technicien comprend ces choses et peut les traduire ".
  • " Former un traducteur est une entreprise de longue haleine et il faut bien plus que de la compétence technique (que le traducteur acquiert sans grand peine) pour traduire ".
  • Le traducteur technique intervient dans les domaines des techniques et technologies. Il traduit tout matériau concernant les outils, produits, machines, technologies, matières premières, processus, etc. se rapportant à des champs d'activité particuliers, à l'exclusion de champs pour lesquels une dénomination spécifique existe (le traducteur dit " médical " ou " biomédical " n'est pas assimilé aux traducteurs techniques).

    1.2.3 Traducteur commercial

    Le traducteur commercial traduit des documents commerciaux : factures, contrats, documents de transport, instruments douaniers, etc.

    En France, il a longtemps existé un diplôme de traducteur commercial désormais tombé en désuétude. Il s'agissait de valider chez les postulants une vague compétence de traduction dans le domaine économico-commercial et de définir un " titre " permettant de singulariser les assistants commerciaux soucieux de valoriser leurs aptitudes linguistiques.

    Le traducteur commercial a disparu avec la mise en place de formations et de diplômes nationaux de traducteurs.

    1.2.4 Traducteur financier

    Le traducteur financier traduit des documents financiers (rapports moraux, bilans de sociétés, montages financiers, contrats financiers) et intervient en rapport avec toutes formes d'activités financières, bancaires, fiscales, boursières et, plus généralement, économiques. Depuis peu, la sous-catégorie des traducteurs boursiers semble confirmer une percée.

    Les traducteurs financiers français sont regroupés en association et organisent des réunions de travail mensuelles.

    1.2.5 Traducteur juridique

    Le traducteur juridique est, à proprement parler, quelqu'un qui traduit des documents juridiques, faisant loi ou faisant foi : textes de lois, décrets et règlements mais aussi contrats divers.

    On estime que le traducteur juridique proprement dit doit être un juriste ou, pour le moins, avoir une formation juridique extrêmement poussée. A défaut, la traduction juridique proprement dite sera effectuée par un tandem réunissant un traducteur et un juriste de plein droit (si l'on peut dire).

    1.2.6 Traducteur scientifique

    Le traducteur scientifique est, à proprement parler, quelqu'un qui traduit des documents scientifiques ou " faisant science " : articles, monographies, thèses, communications pour congrès et colloques, présentations.

    On estime que le traducteur scientifique proprement dit doit être spécialiste du sujet concerné. Ceci est tellement vrai que, dans la traduction scientifique vers l'anglais, les laboratoires tendent à recourir aux services de chercheurs anglo-saxons en stage ou invités, qui traduisent avec statut de co-auteur et qui apportent les garanties de qualité linguistique aux responsables des organes de publication auxquels les textes sont destinés.

    Une part de la traduction biomédicale et pharmaceutique (ci-dessous) voit se développer le même type de pratique.

    1.2.7 Traducteur biomédical et pharmaceutique

    Le traducteur biomédical et pharmaceutique traduit des documents médicaux et pharmaceutiques. Comme dans le cas de la traduction juridique, et au moins pour les documents les plus délicats (demande d'AMM), il est communément admis que la compétence du médecin ou du pharmacien est nécessaire. On assiste par conséquent à un recrutement massif, dans ces secteurs, de médecins et pharmaciens diplômés reconvertis dans les langues. Alternativement, il se met en place des équipes dans lesquelles médecins et pharmaciens interviennent en réviseurs de traductions effectuées par des traducteurs standard, jusqu'à ce que spécialisation desdits traducteurs standard s'ensuive.

    Tous les traducteurs au service de laboratoires médicaux et pharmaceutiques sont dits " traducteurs biomédicaux et pharmaceutiques " même s'ils traduisent aussi et surtout les documents administratifs et généraux.

    1.2.8 Traducteur à " métiers " et appellations spécifiques

    Parmi les traducteurs à appellations spécifiques, on relève :

  • le localiseur (ou localisateur),
  • le sous-titreur,
  • le surtitreur,
  • le traducteur de doublage ou voix hors champ.
  • Localiseur/localisateur

    Le localiseur est spécialisé dans les matériaux informatiques et multimédia, les deux catégories étant réunies en la circonstance parce que le traducteur intègre dans sa prestation une part de traitement informatique ou, au moins, de traitement physique du matériau lui-même.

    Le localiseur ou localisateur traduit les messages affichés sur les écrans, les options de menus, les tables intégrées au logiciel, les légendes des schémas, les contenus de pages Web (contenus qui peuvent se rapporter à du médical, de la boulonnerie, de la publicité, du caritatif, du commercial, du juridique ou tout autre chose) les infographies, les vidéos d'entreprises, la vidéo interactive, les jeux vidéo, les présentations assistées par ordinateur, les contenus des bornes interactives, les supports de formation, les simulateurs, les produits encyclopédiques et culturels, les jeux vidéo, etc.

    La localisation d'un logiciel ou d'un produit multimédia peut inclure tout ou partie des opérations en amont et en aval de la traduction (séquence succincte ci-après) :

  • acquisition du matériau à traiter et de ses accompagnements (fichier lisezmoi, aide en ligne, documentation, etc.) et, le cas échéant, du kit de localisation comportant tous les outils matériels et logiciels nécessaires à la localisation ainsi que toutes les ressources requises,
  • démontage du matériau et du code,
  • préparation de la version pour traduction (impliquant, selon les cas, décompilation, conversion, extractions diverses, création de fichiers spécifiques),
  • mise en place de l'environnement et des outils de localisation,
  • pré-traduction,
  • traduction,
  • contrôles de qualité sous forme de relecture ou révision,
  • réassemblage et reconstruction du produit (rétroconversion, réintégrations diverses, compilation),
  • test de qualification du produit après traduction (vérification du bon fonctionnement du produit, de son ergonomie, et du respect de toutes contraintes applicables),
  • mise en support de diffusion et livraison.
  • Les opérations qui concernent invariablement et directement le traducteur apparaissent en gras. Il arrive que le traducteur-localiseur effectue l'ensemble des opérations, mais, en règle générale, la localisation mobilise un informaticien ou un technicien ET un traducteur.

    On dira donc, pour être précis que le traducteur peut se prévaloir de l'étiquette de localiseur s'il effectue l'ensemble des traitements du matériau - y compris la traduction - mais qu'il reste un traducteur intervenant dans une prestation de localisation s'il " se contente de traduire ".

    On joue sur l'ambiguïté sémantique pour valoriser la fonction de traduction. Au fond, la partie traduction proprement dite est une sorte de cerise sur le gâteau. En effet, le client paie pour davantage que de la traduction et, mieux encore, il paie plus cher pour une traduction qu'il accepte de considérer comme forcément complexe et forcément technique.

    Sous-titreur

    Le sous-titreur crée les sous-titres. Selon les cas, il crée seulement le texte des sous-titres en traduisant le script codé par un autre opérateur selon les indications du repérage effectué par cet autre opérateur ou effectue l'ensemble des opérations, depuis la détection jusqu'à la simulation.

    Dans la première hypothèse, seules deux des phases du traitement le concernent : (i) la traduction, bien évidemment, et (ii) la simulation, qui lui permet de visualiser les sous-titres tels qu'ils apparaîtront dans la version finale et d'en discuter avec toute personne présente (réalisateur, producteur, et autres).

    Jusqu'à récemment, le traducteur sous-titreur n'était généralement pas concerné par le repérage. Cette opération particulière était confiée à un traducteur débutant afin qu'il puisse se familiariser avec les arcanes de la vidéo et du film ainsi qu'avec les contraintes du sous-titrage avant de devenir à son tour traducteur responsable des sous-titres, parce que son employeur lui confiait ce type de responsabilité ou parce qu'un réalisateur lui faisait confiance.

    Aujourd'hui, l'évolution des logiciels est telle qu'une seule et même personne peut tout faire et que le sous-titreur se charge de l'ensemble des opérations de repérage ou détection, traduction et simulation avec corrections. On dit que le traducteur crée littéralement les sous-titres.

    Le besoin en sous-titrage augmente à mesure que se répand le DVD, parce que ce support facilite la création et la diffusion de vidéos, et parce qu'il multiplie les pistes d'enregistrement disponibles.

    Rappelons que le sous-titrage existe aussi sans traduction. Il s'agit du sous-titrage de films ou vidéos pour sourds et malentendants. La problématique est différente en ce sens que le sous-titreur peut gommer les particularités d'expression et synthétiser partiellement les énoncés et qu'il doit appliquer des codes de couleurs permettant d'indiquer la nature des contenus portés par les sous-titres [narration, dialogue, monologue intérieur, commentaire.]

    Surtitreur

    Le surtitreur existe de plein droit. Il s'agit de cette espèce particulière chargée, notamment, dans le domaine lyrique, de traduire les paroles des protagonistes.

    Tout se passe comme si le surtitreur produisait une sorte de livret ou de texte secondaire (dans l'autre langue) en tenant compte des contraintes particulières et des aléas de la distribution et de la mise en scène. Il arrive même, en cas de distributions alternées, qu'il lui faille adapter ses surtitres aux permutations d'interprètes.

    Mais un surtitreur d'opéra, par exemple, doit d'abord connaître la musique. En effet, le rythme et la durée de présentation des surtitres doivent être parfaitement accordés à ce qui se passe et à ce qui se chante sur scène. Ceci est très important lorsque le surtitreur prépare ses surtitres mais l'est encore bien davantage lorsqu'il les affiche car, bien évidemment, c'est le surtitreur qui commande les débuts et fins des affichages, puisque le surtitrage intervient sur du vivant et donc de l'aléatoire. Contrairement au concepteur de sous-titres, le surtitreur assure seul, de A à Z, l'ensemble des opérations de surtitrage (repérage des dialogues, traduction, enregistrement, simulation en répétition, commandes et contrôles d'affichages).

    Sauf affectation spécifique à un théâtre grand consommateur de surtitres, le surtitreur exerce des fonctions intermittentes,à moins qu'il ne s'agisse du metteur en scène lui-même.

    Traducteur pour voix hors champ/pour doublage

    Le traducteur chargé de préparer le texte qui sera lu en voix hors champ par un comédien propose un texte dans lequel il condense l'ensemble de l'information présente dans la bande-son originale.

    2 Catégories additionnelles selon marchés, statuts, environnements...

    Certaines catégories de traducteurs existent en vertu de leur intervention sur des marchés particuliers et, le cas échéant, de particularités de statut découlant de la nature de ces marchés.

    2.1 Traducteur d'édition

    La catégorie des traducteurs d'édition se caractérise par les propriétés ci-après.

  • Le traducteur d'édition a pour donneur d'ouvrage un éditeur.
  • Vue ainsi, la catégorie est vaste, puisqu'elle inclut les traducteurs littéraires, certains traducteurs audiovisuels et toute personne rémunérée par une société d'édition ou de production.
  • Étant réputé faire ouvre de création de l'esprit, le traducteur d'édition est rémunéré en droits d'auteur.
  • La rémunération s'effectue selon des pourcentages variables mais inclut généralement une avance sur droits. Sauf quand les tirages de la traduction atteignent des volumes considérables, l'avance sur droits est assimilable à un forfait pour solde de tout compte : le traducteur d'édition ne perçoit de rémunérations au-delà de l'avance que si les ventes le justifient. En d'autres termes, le traducteur d'édition perçoit son avance puis, le cas échéant, des droits d'auteurs, mais seulement à partir du moment où les droits dus par l'éditeur dépassent le montant de l'avance.

    Parmi les traducteurs d'édition on trouve toutes les catégories précédentes, et notamment :

  • des traducteurs généralistes (traduisant livres de cuisine, carnets de voyage, guides touristiques, biographies, livres scolaires, livres pour enfants, ouvrages de grande vulgarisation, etc.),
  • des traducteurs littéraires,
  • des traducteurs d'ouvres philosophiques,
  • des traducteurs spécialisés,
  • des traducteurs de produits multimédia.
  • Le traducteur d'édition n'est pas un traducteur salarié de la maison d'édition. Il n'est pas non plus un traducteur libéral ordinaire puisque son mode de rémunération et de taxation est particulier.

    2.2 Traducteur judiciaire/assermenté/expert

    Dans une affaire ayant des répercussions hors des limites des frontières nationales [étranger ne parlant pas le français, demande d'extradition, commission rogatoire à l'étranger, etc.] les règles de procédure sont telles que :

  • toutes les pièces [demande d'extradition, arrêts de la cour, expertises techniques, procès-verbaux d'audition, enregistrements d'interrogatoires, commissions rogatoires, rapports de synthèse, correspondances diverses, etc.] doivent être traduites ;
  • la traduction doit être effectuée et authentifiée par un traducteur expert judiciaire.
  • Le traducteur est, en la circonstance, un expert dûment nommé par l'autorité judiciaire, soit à titre permanent - avec inscription sur une liste du ressort de la cour d'appel ou sur une liste nationale - soit à titre d'expert unique (nommé uniquement dans le cadre d'une affaire particulière ou pour traduire un document particulier).

    Le traducteur-interprète expert près les tribunaux est un expert judiciaire (auxiliaire de justice). Il est nommé par l'autorité judiciaire en suite d'un dépôt de candidature auprès du greffe du tribunal de grande instance de son lieu de résidence. Aucun test de compétence n'est prévu, mais la compétence professionnelle est de plus en plus souvent prise en compte du fait que les recrutements se font sur indication d'avocats ou de conseillers qui ont pu apprécier cette compétence.

    Le traducteur-interprète expert judiciaire effectue les traductions certifiées conformes de documents officiels, sert d'interprète dans les affaires pénales, et traduit toute documentation se rapportant aux affaires pénales lorsque les circonstances l'obligent (commissions rogatoires, procès-verbaux d'interrogatoires de témoins à l'étranger, rapports d'experts en langues étrangères, cassettes vidéo d'enregistrement de dépositions, minutes de procès, etc.)

    Dans les faits, le traducteur expert près les tribunaux est ainsi amené à traduire des documents de toute nature et de tout contenu, touchant en pratique à une multiplicité de spécialisations selon la nature des diverses affaires. Il va en effet de soi que les éléments et documents traduits dans le cadre d'une affaire de stupéfiants ou d'une recherche génétique diffèrent de ceux traduits dans le cadre d'une affaire d'homicide ou d'une affaire de délinquance économique.

    Tout traducteur expert près les tribunaux peut être requis par l'autorité judiciaire selon ses besoins (n'importe quel jour, à n'importe quelle heure, et aussi longtemps que de besoin).

    Les traducteurs experts près les tribunaux ne sont pas nécessairement traducteurs juridiques au sens où ils seraient spécialistes de droit - et beaucoup ne sont même pas traducteurs au sens que la profession donne à ce terme. Ils sont représentés par l'UNETICA (Union nationale des experts traducteurs et interprètes près les cours d'appel).

    Les traducteurs judiciaires traduisent aussi bien des document juridiques [arrêts, citations de codes étrangers, etc.] que des documents techniques [rapports d'expertise] ou des documents généraux [procès-verbaux d'auditions] ou administratifs [bordereau de transmission de pièces].

    Dans tous les pays mais sous des formes diverses, on note l'existence de traducteurs dits " assermentés ", dont la signature authentifie les traductions officielles, dites " certifiées ", des actes d'état civil, notamment, et qui, dans de nombreux cas, font également office de traducteurs judiciaires ou traducteurs intervenant dans les affaires judiciaires avec statut d'experts judiciaires.

    En France, le traducteur judiciaire est, en fait, " traducteur-interprète expert judiciaire ", dénomination qui rend mieux compte de la réalité de l'activité des intéressés.

    Pour l'anecdote, on ajoutera que des organismes peuvent être nommés " traducteur assermenté " en nom collectif.

    2.3.3 Traducteur parlementaire

    Dans les pays à bilinguisme ou multilinguisme institutionnel, le traducteur parlementaire traduit tout ce qui est nécessaire à la vie parlementaire : rapports, texte des débats, notes, etc.

    2.4 Courtier maritime interprète de navires

    Au titre des particularités dites d'Ancien Régime, on relève en France les courtiers maritimes interprètes de navires, qui ont le privilège des traductions authentifiées pour ce qui relève du transport maritime.

    2.5 Cybertraducteur

    Le cybertraducteur est un traducteur qui traduit en direct des matériaux transitant sur les réseaux : messages électroniques, contenus de listes de diffusion, rubriques de formulaires et même contenus de sites.

    En l'état actuel des choses, il se pratique davantage de cyberinterprétation que de cybertraduction humaine, puisque la cybertraduction est très majoritairement effectuée par les automates. La cybertraduction humaine est réservée aux situations dans lesquelles :

  • l'information doit être traitée bidirectionnellement avec une rapidité extrême ;
  • les automates ne peuvent pas traiter le matériau
  • soit parce qu'ils ne sont pas en ligne sur le matériau concerné (messageries électroniques) ;
  • soit parce le matériau se présente dans une langue qu'ils ne traitent pas ;
  • le donneur d'ouvrage veut pouvoir préciser ses cibles et ses objectifs d'information.
  • Il est probable que la cybertraduction se développera très rapidement dans les environnements dans lesquels les traducteurs (internes) peuvent se rapprocher des demandeurs de traductions mais aussi, plus généralement, selon des formules de présence du traducteur en régie pour les besoins de circonstances particulières et prévues.

    EXTRAITS de : Daniel GOUADEC" PROFESSION TRADUCTEUR "

    (Éditions : La Maison du Dictionnaire)

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